Stress au travail, surmenage  : comment agir en tant qu’élu CSE SSCT ?

Posté le 29 juin 2020 | Dernière mise à jour le 29 juin 2020

 

On parle de situation de stress travail lorsqu’une personne éprouve un déséquilibre entre ce qu’on lui demande de faire dans le cadre professionnel et les ressources dont elle dispose pour y faire face. Les situations stressantes et le surmenage au travail constituent des risques psychosociaux (RPS) de premier ordre.

Définition stress au travail

De plus, ils entraînent un résultat négatif sur les entreprises car les salariés victimes de ces symptômes souffriront également de démotivation, ce qui rendra la production du travail moins efficace. Dans les cas les plus sérieux, on pourra même observer de l’absentéisme et un turnover dans l’entreprise.

Stress et surmenage au travail : qui est concerné ?

Selon l’INRS  45% des actifs français déclarent devoir toujours ou souvent se dépêcher. À travers ce constat, il faut comprendre que tout le monde peut être concerné par des épisodes de stress ou travail et par le sentiment d’être surmené. Depuis quinze ans, le stress au travail apparaît comme l’un des risques majeurs auxquels les organisations et les entreprises doivent faire face.

Un salarié européen sur cinq déclare souffrir de troubles santé liés au stress au travail ! Le stress a été longtemps interprété à tort comme le fait de la personne et de sa fragilité, ou pire, comme un témoignage de mauvaise volonté au travail. Or, nous savons aujourd’hui que le stress au travail affecte tous les profils : homme et femme, jeune et ancien, expérimenté et novice, CDD et CDI, cadre ou employé.

Les causes du stress au travail

Le stress au travail peut apparaître lorsque l’organisation du travail dans l’entreprise accuse un ou plusieurs dysfonctionnements, même légers. Ces dysfonctionnements facteurs de stress au travail peuvent être identifiés au niveau de :

  • La conception des tâches : charge de travail trop importante, rythme trop soutenu, manque de temps, défaut de formation ou de compétences pour accomplir les tâches, manque de reconnaissance, etc.

  • L’organisation des rôles : conflit entre les postes, superviseurs trop nombreux, flou autour des attentes professionnelles, mauvaise évaluation des niveaux de responsabilité, etc.

  • L’évolution professionnelle : absence de perspective de promotion ou promotions rapides, insécurité de l’emploi, impossibilité de se perfectionner, etc.

  • Les rapports interpersonnels : manque de soutient ou conflits entre collègues, conflits hiérarchiques, intimidations, harcèlement, absence de possibilité de signalement des comportements déviants, discriminations, etc.

  • L’équilibre entre la vie personnelle et professionnelle : absence de limites ou conflits, surcharge de travail, exposition de la famille aux problématiques de l’entreprise, etc.

  • Conditions de travail : environnement désagréable (bruit, odeur, absence d’intimité) ou dangereux (produits chimiques, qualité de l’air, vétusté des machines), etc.

Les conséquences du stress au travail

Stress au travail, surmenage   comment agir en tant qu’élu CSE SSCT

Le stress au travail se manifeste par différents symptômes que vous pouvez identifier en tant qu’élu SSCT. Les effets du stress au travail sont des signaux d’alerte : s’ils ne sont pas résorber, ils peuvent s’installer durablement et produire des troubles durables.

  • Déclin de l’entreprise : absentéisme, turnover, chute de la qualité de production, rébellion, etc.

  • Troubles psychiques : anxiété, perte de confiance, démotivation, irritabilité, troubles du sommeil et fatigue, etc.

  • Dans les cas les plus graves et sur le long terme, des maladies : dépression, burn-out, hypertension, etc.

Stop au mythe du « bon stress » !

C’est une idée répandue dans les hiérarchies et parfois partagée par les employés eux-mêmes : il existerait une forme de stress « positive » et source de motivation. Le stress pousserait les salariés à se « surpasser ». Sauf que la pression et le surmenage ne sont en rien des facteurs de réussite. Bien au contraire, ils sont les symptômes d’une souffrance.

Il est possible de ressentir ponctuellement du stress au travail, avant une présentation orale par exemple. Mais si ces sentiments sont courants, voire quotidiens, si les facteurs de stress se multiplient, et si le salarié ne dispose pas de ressources pour y faire face, les conséquences psychologiques et physiques peuvent être extrêmement nocives. C’est pourquoi les élus SSCT du CSE doivent s’emparer de la question par la mise en place de politiques de prévention.

Mettre en place une politique de prévention

Stress au travail, surmenage   comment agir en tant qu’élu CSE SSCT  2

Les facteurs de stress au travail doivent faire l’objet d’un politique de prévention au même titre que n’importe quel RPS (risques psychosociaux). En tant qu’élu SSCT, il est recommandé de privilégier la prévention collective. Mais cela n’empêche pas évidemment de mettre en place des outils plus ponctuels pour épauler des problématiques individuelles qui peuvent vous être rapportées. Enfin la politique de prévention des facteurs de stress est une construction collégiale qui exige l’implication de l’employeur et l’adhérence des salariés. Celle-ci se décompose en trois phases principales :

  • Collecte des données sur le stress (documents interne, questionnaires, observations, etc).

  • Diagnostic sur le stress au travail : identification des facteurs de stress

  • Définition du plan de prévention et mise en oeuvre.

À titre indicatif et à partir des données recueillies, les élus SSCT peuvent s’inspirer des solutions suivantes contre le stress au travail :

  • Formation des salariés à de nouveaux outils

  • Intégration du personnel aux processus de décisions dans l’entreprise

  • Amélioration de la communication entre les salariés

  • Adaptation de la charge de travail aux outils et compétences des salariés (et non l’inverse, cause de stress !)

  • Formation à la gestion des conflits (communication non-violente, méditation)

Plus d'informations dans le Livre Blanc à télécharger.

Livre blanc : les facteurs de risques psychosociaux et leurs conséquences en entreprise