Comment définir le travail répétitif ?

Dernière mise à jour le 28 août 2020

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Le travail répétitif dans ses principes généraux a été défini par le décret du 31 mars 2011, puis par le rapport « Lanouzière » remis au gouvernement en 2015. On parle de travail répétitif comme un travail « caractérisé par la réalisation de travaux impliquant l’exécution de mouvements répétés, sollicitant tout ou partie du membre supérieur, à une fréquence élevée et sous cadence contrainte ». En résumé, le travail répétitif est une organisation du travail contraignant à répéter les mêmes gestes sous un temps court et imparti.

Le travail répétitif est une cause majeure de la pénibilité au travail. Pour qu’il soit pris en compte comme pénible, le travail répétitif doit occuper le salarié :

  • Au moins 900 heures par an (environ 16-17 heures par semaine) ;
  • À effectuer au moins 30 actions techniques par minute.

La notion de « temps de cycle » est au coeur de la définition du travail répétitif : elle exige de la part du salarié que ses actions soient chronométrées sur un temps court, qui oblige donc à faire preuve d’une grande rapidité de mouvements. Cette cadence devient une nuisance lorsqu’elle ne permet pas au salarié de réguler individuellement son activité, et notamment quand elle dégrade son corps ou son psychisme.

Reconnaître les gestes répétitifs

Le travail répétitif est défini strictement par loi selon les paramètres exposés ci-dessus. En revanche, une définition beaucoup plus large peut englober la notion de gestes répétitifs. Si, instinctivement, cette notion fait penser au « travail à la chaîne » imaginé dans les usine du XIXe siècle, elle touche aujourd’hui des réalités diverses.

Pour faire simple, tout travail qui s’effectue dans une posture contraire à la nature peut entraîner une lésion attribuable au travail répétitif :

  • Forcer un tournevis,
  • Déplacer constamment les doigts sans les reposer,
  • Mal s’asseoir,
  • Garder les poignets pliés,
  • Travailler les bras au-dessus de l’épaule,
  • Tenir un outil bien serré

Lorsque ces gestes répétitifs doivent être effectués dans un temps imparti, on considère que le cycle est un facteur aggravant. Il existe plusieurs facteurs : matériels en mauvais état, environnement de travail difficile, longueur du temps de travail, vibrations et chocs, contraintes posturales et postures contraignantes, vieillesse et antécédents du salarié, températures extrêmes, exposition au bruit (mesure des décibels), travail de nuit, contact avec des agents chimiques dangereux, etc.

Les risques : les troubles musculo-squelettiques

Troubles musculo-squelettiques 2

Les salariés exposés au travail répétitifs courent plusieurs risques professionnels pouvant laisser des traces durables, qui parfois n’apparaissent qu’en fin de carrière, et parfois même beaucoup plus tôt. En effet, le travail répétitif épuise les tendons, les ligaments et les muscles au point de causer une lésion. Alors apparaissent les cervicalgies, dorsalgies, lombalgies, arthralgies… Sans parler du risque professionnel d’accident du travail !

On regroupe les pathologies liées au travail répétitif sous le terme de troubles musculo-squelettiques (TMS), qui est l’une des maladies professionnelles les plus répandues en France. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) touchent les salariés de divers secteurs d’activité, même si certaines postes de travail plus pénibles sont sur-représentés :

  • Le BTP ;
  • Le travail agricole ;
  • Le travail industriel ;
  • La logistique ;
  • Le secteur de la santé : aide-soignants, auxiliaires, etc ;
  • Divers métiers de service : femmes de ménages, coiffeurs, etc.

Les troubles musculo-squelettiques apparaissent à la suite d’une soumission à un travail répétitif. Selon les études menées en ergonomie, les zones les plus fréquemment touchées sont les membres, le cou et le dos. Derrière le terme générique de TMS, on retrouve différentes pathologies corporelles pouvant attaquer les articulations, les muscles ou encore les tendons. Le salarié victime de TMS peut ressentir une fatigue corporelle, une gêne mais également une douleur, voire une incapacité permanente et irréversible.

Ainsi, le travail répétitif peut entraîner de l’absentéisme et, à terme, contraindre le salarié exposé à partir à la retraite plus tôt que prévu (départ anticipé), ou à effectuer un passage au temps partiel (mi-temps). Les conséquences du travail répétitif peuvent aussi influencer l’espérance de vie, surtout lorsque ce dernier a été cumulé avec d’autres risques : exposition à de l’amiante, situations pénibles, etc.

Comment prévenir le travail répétitif ?

Pour minimiser le travail répétitif, un seul principe à suivre : adapter la tâche au travailleur et non l’inverse, comme l’impose la législation du travail !

Le CSE, par le biais de la CSSCT (commission santé, sécurité et conditions de travail) lorsqu’elle existe, doit intervenir dans cette situation. Il peut demander à l’entreprise d’investir des moyens lourds pour limiter les conséquences du travail répétitif, améliorer les conditions de travail et diminuer la pénibilité. Un programme de prévention des effets s’impose souvent afin de diminuer la pénibilité, sans compter aussi les interventions localisées sur les postes de travail qui peuvent être programmées.

Par ailleurs, l’existence de travail répétitif doit être inscrite au DUERP (Document unique d’évaluation des risques professionnels) et les paramètres de ces gestes (description précise, rythme, nombre de répétitions) doivent être identifiés.

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