Travail au froid

Dernière mise à jour le 27 juillet 2020

Télécharger la fiche pdf

Travail au froid : de quoi parle-t-on ?

Définition : Entrepôts frigorifiques, chambres froides, travaux en extérieur en hiver … l’exposition au froid est présente dans de nombreuses situations de travail, et ce, toute l’année ou de manière saisonnière. Le froid, qu’il soit naturel ou artificiel, impacte directement la santé des travailleurs et peut également provoquer des accidents. La prévention la plus efficace consiste à éviter ou à limiter le temps de travail au froid.

Quels effets à craindre sur la santé ? Comment les élus du CSE peuvent-ils agir ?

Tous concernés… à des degrés différents !

travail au froid

Qui est affecté ? Bien des professions finalement. De manière saisonnière les travailleurs du BTP, du secteur agricole, du transport, de la maintenance extérieure, et tous ceux qui travaillent régulièrement en extérieur : postiers, ripeurs, livreurs, etc.

Même si les températures ne sont pas comparables, l’ambiance thermique dans le secteur tertiaire est un vrai sujet. Le travail statique accroît l’inconfort. Le positionnement de postes de travail sous une grille de ventilation génère un courant d’air qui refroidit localement le corps et peut générer des douleurs et contracture musculaire

Pas de température réglementaire, mais des principes pour agir !

travail au froid 2

Le Code du travail ne définit pas de température minimale. Néanmoins, les élus du CSE peuvent mobiliser les dispositions réglementaires pour prévenir des risques liés au froid.

Les dispositions de l’employeur pour assurer la protection des salariés contre le froid et les intempéries nécessitent le recueil de l’avis du médecin du travail et du CSE[1]. A vous élus, de vous saisir de cette attribution : argumentez vos avis par écrit, proposez des solutions adaptées et prioritairement collectives aux situations de travail spécifiques !

L’employeur est tenu de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs[2], en application des principes généraux de prévention du Code du travail. Ainsi, il doit aménager les situations de travail de manière à assurer, dans la mesure du possible, la protection des travailleurs contre mes méfaits du froid ou les conditions atmosphériques[3].

Voici une obligation légale de l’entreprise : « Les locaux fermés affectés au travail sont chauffés pendant la saison froide. Le chauffage fonctionne de manière à maintenir une température convenable et à ne donner lieu à aucune émanation délétère [4] ».

Le froid : effets directs et indirects

travail au froid 3

Les principaux effets sont l’hypothermie, la gelure et l’engelure, ainsi qu’un risque accru de troubles musculosquelettiques (TMS).

1- L’hypothermie

Là, la température corporelle centrale passe sous les 35°C. L’hypothermie survient plus ou moins rapidement en fonction de l’environnement (air, eau), de sa température personnelle, de la durée d’exposition. Le vent et l’humidité accélèrent le processus. Les effets vont des frissons et de la léthargie à la confusion, au coma et rappelons le … au décès. La gravité du risque augmente avec la baisse la température corporelle centrale.

2- La gelure

C’est une lésion au niveau des extrémités (mains et pieds), causée par l’exposition prolongée à une température négative. L’engelure en est le premier stade. Elle se caractérise par un gel des tissus et une insensibilité des extrémités. La gelure peut être provoquée en quelques secondes par le contact de la main nue avec un corps métallique très froid.

3-D'autres effets

Le froid peut provoquer des douleurs d’intensité différentes, des troubles vasomoteurs (sensation de doigts morts, de perte de sensibilité…), l’altération des performances mentales (temps de réaction, de décision, de cognition, assoupissement …) et donc un risque accru d’erreurs ou d’accidents.

Différentes études ont mis en évidence une augmentation du risque de survenue de TMS liée aux situations exposant au froid.

4- Le risque d’accidents de travail

Plusieurs facteurs associés au froid peuvent contribuer à la survenue d’accidents au travail :

  • les sols rendus glissants,
  • les contacts avec des surfaces métalliques froides,
  • une pénibilité et une fatigue accrues avec l’augmentation de la dépense énergétique,
  • une perte de dextérité ou de sensibilité tactile liée au froid, au port de gants,
  • des difficultés à se déplacer en extérieur (neige, à pied ou en voiture…)
  • Le travail isolé en chambre froide (ex : un salarié blessé exposé longuement à des températures négatives).

Le conseil au CSE de l’Expert AXIUM

Prévenir le risque est vraiment le meilleur moyen d’éviter les accidents et les troubles causés par le travail au froid. Comment ?

Principe 1 : Eviter ou la limitation du temps de travail au froid. C’est banal comme principe, mais extrêmement puissant. Il faut l’appliquer en ajustant l’organisation !

Principe 2 : L’organisation du travail, l’adaptation des équipements, l’aménagement de locaux de repos chauffés et la fourniture d’une tenue vestimentaire appropriée.

Elu CSE, si vous faîtes face à un danger grave et imminent lié au froid, vous devez alerter l’Employeur comme le dispose la loi, et suivre le processus qui permettra d’enrayer le danger.

Dans le cas d’un projet important de conception ou d’aménagement de l’organisation ou de locaux de travail, la question de l’ambiance thermique est à explorer le plus en amont possible. Toutes les situations sont concernées et quelle que soit l’activité : celle du facteur, dans le BTP, le transport, la logistique, mais aussi dans le secteur tertiaire, etc. La situation de travail est à analyser. Les élus du CSE doivent être vigilants !

La loi vous donne la possibilité d’avoir recours à une expertise CSE/SSCT. AXIUM mettra à votre disposition des spécialistes (architectes et ergonomes) pour évaluer en profondeur le projet, établir des recommandations et proposer des solutions efficaces en cas de risque lié au froid, entre autres.

[1] Article R.4223-15 du Code du Travail
[2] article L. 4121-1 du Code du travail
[3] article R. 4225-1 du Code du travail
[4] article R. 4223-13 du Code du travail

travail au froid