Prévention tertiaire : comment agir ? définition et but

Posté le 19 avril 2021 | Dernière mise à jour le 3 mai 2021

La prévention des risques professionnels en entreprise répond à 3 principes généraux : prévention primaire, secondaire et tertiaire. La prévention tertiaire s’adresse aux salariés déjà touchés par des pathologies diverses : maladies professionnelles liées aux conditions de travail, accidents du travail, harcèlement moral ou sexuel, etc.

En quoi consiste exactement la prévention tertiaire ? Quelles sont les approches préventives à mettre en place ? Quel rôle peuvent tenir les élus du CSE ? Nos experts vous répondent.

Prévention tertiaire définition

Selon l’organisation mondiale de la santé, la prévention constitue en des actions, des attitudes, qui visent à prévenir ou éviter une maladie ou un accident du travail et à maintenir ou améliorer la santé.

La prévention tertiaire intervient après coup. C'est-à-dire après une maladie, un accident en rapport ou non avec l’emploi (cancer du sein, consommation d’alcool, burn-out, etc.)

Elle « intervient à un stade où il importe de diminuer la prévalence des incapacités chroniques ou des récidives et de réduire les complications, invalidités ou rechutes consécutives à la maladie » (Organisation Mondiale de la Santé, 1984). 

Cette prévention agit sur les effets ou séquelles d’une pathologie et de son traitement. Le but de la prévention tertiaire est de tout mettre en œuvre sur le plan social, médical et psychologique, pour que la personne soit réhabilitée et puisse ainsi participer à la vie en société. 

Elle intervient en complément de la prévention primaire et secondaire et vise à favoriser la réinsertion professionnelle et sociale après la maladie. 

Pourquoi faire de la prévention tertiaire  ?

L’employeur est tenu à une obligation de santé et de sécurité de ses employés.

Les risques psychosociaux (RPS) entraînent des atteintes autant à la santé physique qu'à la santé mentale. Ce peut être des pathologies professionnelles comme les TMS, maladies psychosomatiques, insomnies, maladies cardiovasculaires, accidents de travail, etc. On comprend l'importance de la prévention tertiaire afin de faciliter le retour au travail du salarié.

La prévention tertiaire a pour but la réhabilitation, mais aussi le suivi des personnes qui ont souffert d’un problème de santé physique ou psychologique. (mal-être, obésité, tabagisme, diabète, chutes, risques liés au travail, etc). C’est un accompagnement important, réalisé par une équipe pluridisciplinaire, afin de prendre en charge des salariés fragilisés ou en difficulté. La mise en place d’un soutien psychologique, des mesures de protections supplémentaires, agir de manière préventive, tout cela rassure le salarié qui est alors en mesure de reprendre son poste de travail.

Livre blanc : les facteurs de risques psychosociaux et leurs conséquences en entrepriseCette prévention est davantage orientée sur la personne et non sur une situation de travail ou d’organisation qui a pu causer la maladie professionnelle. Il est également nécessaire d’identifier et de prévenir les risques professionnels pour une bonne santé au travail.

Exemples de prises en charge tertiaire

Pour rappel, la prévention tertiaire a pour objectif de diminuer les récidives, les incapacités, afin de limiter complications et séquelles d’une maladie. Les actions de préventions curatives relèvent de la prévention tertiaire. 

Exemples :

  • Pour les RPS, il s’agit, par exemple, de mettre en place une cellule psychologique, à l’écoute des salariés. Cela peut faire suite à une agression, un harcèlement, ou tout autre risque lié à la santé et la sécurité de l’employé.

  • Une situation de violence (vol ou tentative de vol) : l’entreprise met en place un suivi volontaire post-traumatique. Le salarié peut ainsi mieux gérer les conséquences d’un tel évènement. L’entreprise doit également chercher à éviter ces situations avec davantage de mesures de prévention et d’information et la présence d’une équipe de sécurité

  • Enfin, il peut aussi y avoir l’exemple de salariés en détresse dans leur travail, en raison de conflits multiples. L’établissement peut alors proposer une prise en charge individuelle et volontaire, en dehors du contexte de l’entreprise, par un professionnel reconnu. 

La prévention tertiaire est-elle la plus efficace ?

La prévention tertiaire n’est finalement plus de la prévention mais de la réparation. C’est la plus utilisée pour la prévention des risques psychosociaux mais c’est la moins efficace dans la durée. 

C’est une prise en charge des salariés fragilisés pour obtenir une diminution du stress ou autre manifestation, pour un retour au travail. 

Alors que la prévention primaire, elle, est plus efficace dans la durée. Elle questionne sur la façon de travailler. Cela implique une remise en cause de l’organisation du travail à laquelle les salariés ou l'employeur ne sont pas prêts à faire face.

Le rôle des membres du comité social et économique

L’INRS nous rappelle que l’évaluation des risques professionnels relève de la responsabilité de l’employeur afin d’assurer santé et sécurité au travail à tous les salariés de l’entreprise.

Une démarche de prévention suppose un engagement clair et durable de tous les acteurs de la prévention. Les membres élus au CSE-CSSCT ont un rôle à jouer. 

Ce sont souvent les représentants des salariés qui identifient les risques ou la souffrance au travail. Ils sont à l’origine de programmes de prévention face aux problèmes engendrés. Le rôle des instances représentatives du personnel est d’apporter leur connaissance de la réalité du terrain et du vécu au travail (pénibilité, métiers à haut risque, activité physique intense, etc.). Leur implication à ce niveau est essentielle pour cibler des situations à risque et identifier des réponses, des solutions possibles.

Les membres de la CSSCT peuvent mobiliser le médecin du travail, acteur important dans la prévention tertiaire. C’est, en effet, le médecin qui peut transmettre et ceci de façon anonyme, des données sur l’état de santé des salariés d’une entreprise. Cela peut ensuite faciliter l’analyse et orienter la prévention de la bonne façon, sur la gestion des risques psychosociaux.

Ne pas oublier que l’évaluation des risques professionnels est consignée dans le document unique. Ce dernier doit être à disposition des élus, des salariés, de la médecine du travail, de l’inspecteur du travail et des agents de prévention de la CPAM et de la CARSAT.