Canicule : comment travailler sous de fortes chaleurs ?

Posté le 12 juillet 2021 | Dernière mise à jour le 12 juillet 2021

Canicule : comment travailler sous de fortes chaleurs ?

 

Lors de la canicule de 2019, dix accidents du travail mortels ont été imputés aux fortes chaleurs. De l’insolation au véritable et dangereux coup de chaleur, comment prévenir les risques ?

 

Fortes chaleurs : code du Travail

Le travail sous de fortes chaleurs est encadré par la loi. Avant toute chose, l’employeur doit évaluer le risque lié aux fortes chaleurs au sein de son plan d’action contre les risques professionnels. Comme pour tout risque professionnel, le chef d’entreprise doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la santé et la sécurité des salariés en cas de canicule.

Voici d’autres obligations :

Enfin, la multiplication d’épisodes de fortes chaleurs avec le réchauffement climatique fait l'objet d’une circulaire interministérielle datée du 7 mai 2021 et relative à la gestion sanitaire des vagues de chaleur. Cette nouvelle instruction vient remplacer le « plan national canicule » de 2004, et y inclut la problématique de la crise sanitaire actuelle.

 

travail chaleur

 

Les conséquences du travail sous fortes chaleurs

Un épisode de canicule entraînant des chaleurs extrêmes peut engendrer de sérieux effets sanitaires. Bien évidemment, les risques ne sont pas les mêmes pour un travailleur de bureau en poste fixe que pour un travail à l’extérieur. Certains publics sont aussi plus vulnérables face aux fortes chaleurs, comme les personnes âgées ou fragiles, les femmes enceintes ou les personnes isolées.

  • Le principal risque qui doit attirer la vigilance est le coup de chaleur (ou hyperthermie). Il intervient avec des maux de tête, de la fièvre ou des vertiges, signe que la température corporelle ne se régule pas correctement. Aux premiers signes, il convient d’appeler les secours car il est possible (15% à 25% des cas) de mourir de chaud à la suite d'un coup de chaleur.
  • Les personnes soumis à des efforts physiques peuvent être aussi victimes de déshydratation, d’où l’obligation de mettre à leur disposition trois litres d’eau par jour.
  • L’insolation peut intervenir en cas d'exposition au soleil.

 

Les bons réflexes à adopter en tant que salarié

Le site du Ministère du travail recense les bons réflexes à adopter pour prévenir les risques et mieux affronter la chaleur. Voici les plus importants :

  • Favoriser la ventilation pour faire baisser la température ambiante et la température corporelle : ventilateur, climatisation, brumisateur, courants d’air…
  • Porter des vêtements légers en cas de chaleurs estivales.
  • S’abriter des fortes chaleurs durant les heures les plus chaudes, notamment sur les chantiers qui doivent prévoir un endroit frais.
  • Se rafraîchir toute la journée, ne pas attendre la sensation de soif et s’hydrater de manière préventive.

 

Aménager les conditions de travail en cas de fortes chaleurs

En cas de pic de chaleur, le principal aménagement à activer concerne le renouvellement de l’air, notamment via un système de climatisation. Pour les personnes à l’extérieur, des obligations spécifiques doivent s’appliquer en plus des trois litres d’eau potable par jour :

  • S’assurer que les équipements n’aggravent pas les risques liés aux fortes chaleurs ;
  • Prévoir des aides mécaniques pour soulager l’effort physique ; 
  • En cas de déclenchement du plan canicule, adapter en amont l’organisation du travail (rythme, horaires).


De nombreuses organisations, comme l’INRS ou Santé publique France, mettent à disposition des dépliants utiles pour se documenter en cas de fortes chaleurs.

 

Peut-on exercer son droit de retrait en cas de fortes chaleurs ?

En cas de vigilance orange canicule Météo France ou tout simplement, de période de canicule, à quels seuils de température peut-on exercer son droit de retrait (article L. 4131-1 du Code du travail) ? La loi ne répond pas strictement à cette question. Mais voici quelques normes lorsque le thermomètre atteint des données exceptionnelles :

  • Selon la norme NF x35-203/ISO 7730 relative au confort thermique, le mercure doit être compris entre 20 et 22°C dans les bureaux.
  • Selon l’INRS, trois chiffres sont fixés, au-delà desquels la température devient un risque. On parle de 30°C pour un salarié assis et de 28°C pour un salarié exerçant des efforts physiques plusieurs heures par jour. Au-delà de 33°C, le travail représente de réels dangers.

Ainsi, puisqu’il n’existe pas de seuils de températures en cas de fortes chaleurs, la personne qui estime souffrir de la chaleur peut se baser sur ces indications pour exercer son droit de retrait. Ce droit permet de protéger d’un péril lié à la canicule pouvant aboutir à un coup de chaleur, ou un passage aux urgences.

 

Rôle du CSE

Les élus du CSE ont un rôle important à jouer en matière de prévention aux fortes chaleurs. Des mesures de prévention doivent être prises au cours de l’année, afin que l’organisation de l’entreprise puisse s’adapter lorsqu’un épisode de chaleur caniculaire survient durant l’été.

  • Se rapprocher des institutions compétentes : ARS (Agence régionale de santé), Ministère de la santé et Ministère du travail.
  • Prendre connaissance du plan national canicule afin de s’y adapter en cas d’activation d’alerte aux fortes chaleurs.
  • Prévoir des mesures de protection pour les salariés vulnérables : séniors, femmes enceintes, personnes handicapées. Il en va de même pour les personnes exposées du fait de leurs missions : manutentionnaires, ouvriers du BTP, ouvriers agricoles, etc.
  • Inclure le risque de fortes chaleurs au document uniquement d’évaluation des risques professionnels (DUERP), et fixer les températures maximales pouvant être tolérées selon les services et les postes de travail.

En cas de fortes chaleurs, l’employeur doit assurer la sécurité des salariés pour éviter tout accident lié à la canicule.

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