Quelle est la définition et le but de la prévention secondaire ?

Posté le 21 septembre 2020 | Dernière mise à jour le 22 septembre 2020

 

La prévention secondaire s’inscrit dans la politique de prévention des risques professionnels. Il s’agit d’un niveau de prévention indispensable. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

La prévention primaire, secondaire et tertiaire

On estime qu’il existe trois niveaux de prévention. En voici une définition très générale, valable dans le secteur du travail mais également dans d’autres secteurs, notamment la santé.

  • La prévention primaire : ensemble des actions visant à diminuer l’apparition des risques.
  • La prévention secondaire : ensemble des actions visant à diminuer la portée des risques, lorsque ceux-ci sont avérés.
  • La prévention tertiaire : ensemble des actions visant à diminuer les conséquences des risques lorsqu’un ou plusieurs incidents (accident du travail ou maladie professionnelle) ont déjà eu lieu.

Autrement dit, la prévention primaire agit en amont, tandis que la prévention tertiaire agit en aval en matière de prévention et de gestion des risques. Quant à la prévention secondaire, son objectif est d’obtenir une amélioration des conditions de travail en considérant l’existence des risques. C’est pourquoi chaque niveau de prévention est indispensable !

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Prévention secondaire : exemples

Un plan de prévention présente donc plusieurs degrés identifiés. Les trois niveaux de prévention peuvent se décliner à chaque objet d’évaluation des risques liés à la santé et sécurité au travail.

Exemple dans une usine utilisant une substance chimique dangereuse :

  • Prévention primaire : remplacer la substance par un autre produit moins nocif.
  • Prévention secondaire : équiper les salariés de protections individuelles, former les salariés aux risques.
  • Prévention tertiaire : mettre en place un protocole de suivi avec la médecine du travail à destination des salariés exposés au risque / ayant développé une maladie professionnelle.

Autre exemple dans une entreprise exposée au stress et au surmenage :

  • Prévention primaire : modifier l’organisation du travail afin d’augmenter la qualité de vie au travail.
  • Prévention secondaire : former les travailleurs aux problématiques de santé mentale et de harcèlement moral.
  • Prévention tertiaire : mettre en place un plan d’actions à déclencher en cas de harcèlement moral.

Ainsi, la prévention secondaire peut par exemple agir sur la gestion des risques :

  • Mécaniques : dans le cadre de l’utilisation de machines ou véhicules présentant des risques, protéger les salariés en renforçant leurs équipements (gants de protection, visière, etc), en modifiant la cadence du travail, etc.
  • Physiques : équiper les salariés de casques anti-bruit, équiper les salariés face aux températures extrêmes, etc.
  • Chimiques ou radiologiques : équiper les salariés en masques filtrants, réduire le temps d’exposition aux substances chimiques (amiante) ou radiologiques, etc.
  • Psychologiques : sensibiliser les travailleurs aux risques psychosociaux (RPS), prévoir des temps et des lieux de repos, aménager des temps d’échanges entre les salariés, prévoir des visites chez un psychologue du travail, etc.

RPS : Qu’est ce que la prévention primaire secondaire et tertiaire

Mettre en place une prévention secondaire la plus large possible

Énumérer quelques exemples ne suffit pas à faire le tour des possibilités que recouvre la prévention secondaire. Voici donc d’autres critères qui peuvent vous inspirer, selon les contraintes et les réalités de chaque entreprise et établissement

  • La prévention secondaire individuelle : elle protège chaque salarié (équipements, vaccination, dépistage, etc).
  • La prévention secondaire collective : elle protège tous les agents (équipements sur une machine, organisation du travail, etc).

En matière de prévention des risques professionnels, il convient de privilégier au maximum la prévention collective à la prévention individuelle.

La prévention secondaire peut aussi recouvrir différentes natures :

  • La prévention secondaire technique : elle concerne les équipements, les machines, l’environnement de travail, etc.
  • La prévention secondaire médicale : pilotée par les services de santé au travail (médecin du travail), elle concerne les actions de dépistage de maladies infectieuses, les vaccinations, etc. La prévention médicale est évidemment au coeur de l’actualité et des mesures de protection vis-à-vis de la Covid-19.
  • La prévention secondaire légale : elle est établie via différents textes contraignants (textes de loi issus du Code du travail, accords concernant la prévention en entreprise, circulaires de l’OMS, etc).

Le rôle du CSE dans la prévention secondaire

Le Code du travail exige de l’employeur qu’il mette en place des mesures de prévention suffisantes à garantir la santé et la sécurité des salariés. Cependant, les élus du CSE, et plus particulièrement de la CSSCT (Commission santé, Sécurité et Conditions de Travail) ont leur rôle à jouer ! À eux, en effet, d’être force de proposition, et de contrôler la qualité de la politique de prévention dans l’entreprise à travers l’élaboration du DUERP (document unique de prévention des risques professionnels).